Sardhana : sur les traces de mon ancêtre Maharadja

Sur la route de Sardhana, Inde

Plongeons quelques instants dans le passé tumulteux de l’Inde du 18ème siècle. Ce sont alors les Indes, une multitude de royaumes dirigés par les Maharadjas qui guerroient sans fin entre eux ou contre les puissances Européennes qui tentent de se tailler un empire : Portugal, France et surtout l’Angleterre.
Ces temps d’aventure attirent un aventurier : Walter Reinhardt, près de Delhi, la capitale de l’Inde. Il vient de France, ou peut-être d’Allemagne, car il est Lorrain. De caractère taciturne (on le surnomme le Sombre), il est courageux, et sa bonne étoile aidant, il finit par épouser l’héritière du Maharadja de Sardhana, auquel il succède. Sa fortune est colossale, le train de vie des Maharadjas somptueux : palais, festins, joyaux, courtisanes et chasse au tigre à dos d’éléphants.
Pour sauver son royaume il finit par s’allier aux Britanniques, et c’est en leur nom qu’il tombe lors de l’ultime défense de la forteresse d’Agra.

L’histoire se poursuit alors en Occident, car il est sans héritier direct, et la banque d’Angleterre saisit alors sa fortune. Commence alors un procès de plus d’un siècle, interrompu par les guerres, entre les héritiers Francais, Allemands et Luxembourgeois, et la banque d’Angleterre.
Tout le monde veut le magot, mais la somme est telle (environ le PIB de la France d’aujourd’hui : 1000 Milliards d’Euros) que la banque d’Angleterre joue sa survie, et elle finit par l’emporter par prescription.
Durant toutes ces décennies de procès l’histoire fait régulièrement les Unes, et inspire à Jules Vernes son roman “Les 500 millions de la Begum”, dans lequel les familles Francaise et Allemande gagnent et construisent de nouvelles villes avec la fortune.
En tant que lointain descendant (un lien de parenté mis à jour par mon père, chasseur de Maharadja généalogique), je me devais d’aller à Sardhana, le fief de mon glorieux ancêtre.

Sardhana est de nos jours une petite bourgade à 60 km NE de Delhi. Seulement 60 km, et pourtant, après 9 mois de voyage et 22 pays traversés, je n’ai jamais fait un trajet aussi difficile. Car y aller en transport publique prend 6h, au moins 3 bus, des embouteillages, et 1h de marche à pied à plus de 45 degrés.

Dans l’allée de la basilique de Sardhana, Rémi avec les deux journalistes, inde

L’avantage de cet isolement est que les habitants sont restés authentiques, et l’on peut ainsi découvrir l’Inde rurale, qui vaut bien le detour.
C’est donc éprouvés que nous entrons dans la ville de quelques milliers d’habitants. Les gens nous suivent du regard et nous précédent, deux journalistes viennent à notre rencontre : les étrangers sont plutôt rares par ici.
Bien vite nous arrivons à la basilique de Sardhana, qui est une des plus jolies églises d’Inde. C’est que si Walter Reinhardt l’aventurier était exceptionnel, sa femme Indienne : la Begum Sombre, l’était tout autant.
C’est elle qui est restée dans la mémoire des Indiens pour sa manière de diriger son peuple, et sa grande piété catholique (les Maharadjas étaient usuellement Musulmans ou Hindous). Elle laissa donc une église décorée de marbre, ainsi que deux palais à Sardhana et un à Delhi.

Basilique de Sardhana, Inde

L’église attire en fait les chrétiens Indiens en pèlerinage depuis tout le pays. Construite par un architecte italien avec les matériaux les plus luxueux (marbre, or …) elle apparait comme un mirage au milieu de cette ville Indienne. On retrouve cependant les techniques Indiennes de décoration du marbre par incrustation de pierres semi precieuses, comme à Agra.

Incrustation de pierres semi-précieuses, Sardhana, Inde

Tombe de la Begum, Sardhana, Inde

Le monument funéraire est notamment sculpté dans du marbre d’Italie, du plus pur style Greco Romain.

Avec le sacristain Samuel, Sardhana, Inde

Samuel, le sacristain nous emmène ensuite visiter les deux anciens palais de la Begum : l’un est aujourd’hui un hospice pour les pauvres et accueille les prêtres en seminaire, l’autre est plus grand et luxueux et sert aujourd’hui de collège. Les religieux, les habitants, tous sont particulièrement accueillant et fiers de leur héritage, même si la communication est difficile : l’Anglais n’a pas pénétré l’essence de l’Inde.

Ancien palais de la Begum, Sardhana, Inde

Avec Nitu, gare de Meerut, Inde

De facon consistante nous rentrons en 6h. Nous prenons tout d’abord bus jusqu’à la gare, partie du trajet pendant laquelle la charmante Nitu nous a pris sous son aile. Elle nous apprend comment faire la queue à l’indienne et nous achète des tas de choses à manger de peur qu’on meure de faim.

Dans le train pour Delhi avec les Bhramans, Inde

Puis nous prenons le train (bondé et en retard) dans lequel nous rencontrons un groupe de Pèlerins Hindous revenant des sources mystiques du Ganges. Ce sont des Brahamanes, une caste Hindou qui leur impose entre autre de manger végétarien,et en plus leur interdit de manger quelque chose touché ou préparé par un non-Brahamane. Sans surprise ils ne piochent donc pas dans le paquet de chips que je leur tends.
Heureusement dans l’autre sens c’est possible, et nous partageons leur repas tandis que défilent lentement les paysages de l’Inde.

Recherche dans le cimetière romano-catholique, Agra, Inde

La suite de nos recherches sur mon ancêtre le Maharadja Sombre nous emmène à Agra, 150 km plus loin. Il serait enterré dans le cimetière romano-catholique. Trouver le cimetière n’est pas evident car si Agra voit passer plusieurs millions de touristes par ans, personne ne se soucie d’aller dans un vieux cimetière aux tombes à demi effacées par le temps.

Tombes du cimetière romano-catholique, Agra, Inde

Et c’est pressés par le temps que nous atteignons le cimetière. Nous n’avons que quelques minutes pour trouver la bonne tombe car notre train va bientot partir. Nous courrons à travers les tombes jusqu’à repérer la bonne.
Une tombe qui n’est pas au nom de Walter Reinhardt, car il aimait les secret, et ne devait pas trop montrer ses origines modestes à ses sujets. Au cour de sa vie il avait ainsi menti plusieurs fois sur son vrai nom, ou celui de son village, tant et si bien qu’il est enterré dans un bien beau monument funéraire, sans son nom.

Ici se termine la quête du Maharadja Sombre, dont je n’ai fait qu’effleurer l’histoire, une histoire qui comme beaucoup d’autre ne demande qu’à soudre du riche passé de l’Inde.

21 commentaires pour “Sardhana : sur les traces de mon ancêtre Maharadja”

  1. Wooaaa !!
    J’adore l’histoire !!
    Cura est donc une déformation de Reinhardt ? Si on le dit très vite, pourquoi pas ??

    Je reconnais bien là le train entre Agra et n’importe où ailleurs, quel cirque ! 😀

    Gros bisous !!

  2. Magnifique, bravo pour ce beau récit….
    Bises

  3. @Leo : non, Cura ne vient pas de Reinhard. La filiation se fait par la famille maternelle de l’arrière grand mère Cura de Remi. Mais cette histoire de maharadja a fait Rever bien des générations dans la famille !

  4. Je suis particulièrement ému de votre reportage. Cela fait si longtemps que je rêvais de partir dans les pas du maharadja “Sombre” ou “Somroo” et de sa géniale épouse la Begum…
    Vous aurez donc été mes yeux !
    Remi, cette histoire est désormais devenue concrètement la tienne, celle d’une partie de tes racines ; il t’appartiendra de la transmettre, j’y compte bien !

  5. Je pense que cela doit être émouvant de retourner sur les traces de cette personne, surtout qu’au jour d’aujourd’hui personne n’a réussi à déterminer avec certitude l’origine de Walter Reinhardt. Cela fait des années et des années que tout le monde essaye de trouver le lieu de naissance sans succès. Je remarque de plus en plus d’articles à son sujet mais le mystère reste…..En tout cas merci de nous avoir fait voyager….

  6. Ma grand’mère, lorraine, possédait tout un dossier, et avait fait des recherches, car un de ses ancêtres s’appelait Reinhart. C’est une histoire d’utopie familiale : le trésor de la Bégum.
    Mon père s’est rendu à Agra, sur le tombeau en 1947.
    J’ai encore le dossier, çà me ferait plaisir d’en causer avec un de ses multiples descendants.
    Je pars dans le Rajasthan dans un mois.
    Cà fait du bien de rêver,
    Mirey’

  7. Danke es mal zu sehen Dürfen—Schmid Nachfahren Sombre Walter
    Reinhard- Ich wuste das von meinen Fater Walter der in Lützenhard-Geb.Es sollen auch herren aus England da gewesen sein
    erberechtigung-es kam nicht dazu wegen aussiedlung-Erbe weg-
    Dokumente weg.Werde das Land meines Ahne nie besuchen können da
    ich einer der Ärmsten meiner Fam, binn.Danke für die kl.doko

    Rolf Schmid

  8. Bonjour,
    Moi aussi j’aimerai bien échanger des infos sur cette personne, le dossier que vous avez date je pense…..L’affaire à ma connaissance est toujours en cours peut être qu’un jour qui sait !!!!

  9. Bonjour
    Dernier rebondissement l’affaire semble avancer, l’origine de Walter Reinhardt a semble t’il été trouvé

    http://www.reinharderben.de/facebook-twitter/

    Cordialement

  10. je viens de tomber sur ces coms eh oui que c’est tjrs en cours et aujourd’hui plus que jamais car l’origine et l’acte de naissance a ete trouver contacter moi vert.bleu10@wanadoo.fr

  11. Bjr
    si c’est possible de contacter Remi le reporter ou qu’il me contact
    merci

  12. Nous sommes à la recherche de Mme Mireille Mouzon qui d’après son commentaire ci dessus ferait également parti de la généalogie si elle lit le message merci de nous contacter
    lea4@orange.fr
    Par contre en lisant le résumé je vois la somme avancée de 1000 milliard d’euro, c’est énorme, à ma connaissance la banque d’Angleterre n’a pas obtenue un prononcé de prescription.
    Il faut pouvoir établir le lien de parenté ce qui me semnle t’il est fait puisque l’acte de naissance a été trouvé.
    Cordialement

  13. Les bijoux de la Bégum, spoliés par la Reine d’Angleterre, ont fait rêver ma grand’mère.
    Un de ses ascendants s’appelait Walter Reinhardt, ou Reinert, selon l’orthographe.
    Moi, çà m’amuse bien.
    Je ne suis pas allée sur la tombe,mais pas loin, mais mon père oui, en 1950.(j’ai sa photo)
    De toute façons, merci pour les rêves, et quel magnifique pays :
    Mireille

  14. bjr
    non Mireille ce n’est plus un reve c’est bien la realitee suffit de rassembler toute la genealogie et paffff
    oh ce fut un reve tres longtemps et comme l’angleterre voulait le certificat de naissance eh bien c’est chose faite apres + de 20 ans de recherche
    a vous de me faire parvenir tout ca
    merci a bientot

  15. Namasté Léa, namasté Lulu, Oui c’est bien moi moi-même (comme on disait au Gabon , avec l’accent). je viens de prier Mr. Google de me donner des infos sur notre fameux mercenaire. Et vous voilà. Je poste mon courrier mardi.
    Mireille

  16. je precise que le nabab est né en alsace en 1720 et non a Fels ni a la Rochette donc si vous avez des documents de celui né en alsace contacter moi vert.bleu 10@wanadoo.fr

  17. A tous ceux que les millions de la Bégum Sombre font rêver et qui s’intéressent à cette extraordinaire Jeanne d’Arc exotique et à son vaillant et généreux époux Walter Rheinhardt militaire alsacien qui l’acheta orpheline dans une école traditionnelle de danse érotique et qui devint nabab après moult victoires militaires, toujours accompagné de son épouse qui n’hésitait pas à faire le coup de feu à ses côtés. Pour tout connaître de ces deux héros qui fondèrent la Ville de Sardhana et ses principaux édifices. Je vous suggère vivement de lire le remarquable “Roman de la Bégum Sombre”, écrit par Michel Larneuil ed. Albin Michel (1981) à partir des mémoires de la bégum Joanna Sombre qui écrivit dans son testament: “Je suis de ceux qui ont grandis et vécus par l’épée”…. et qui, chrétienne très croyante espérait que tout le Bien qu’elle a fait dans sa vie agitée, pèsera plus lourd que tout le Mal qu’elle a pu semer…

  18. un autre article à propos d’héritages après la mort de la bégum Sombre
    http://www.luxemburgensia.bnl.lu/cgi/getPdf1_2.pl?mode=page&id=2314

  19. Begum was 14 years old when she came to Johann wather Reinhardt.
    Your family was ferfolgt ermordet.Sie fled to the indien.Auf has gone to India this girl einges experienced up to postition, how could they also feed on.
    To begnug it was only wather Reinhard gave her a dignified life.
    The Church has the fergessen, or not to admit, the one you raise in the sky
    else is forgotten.
    The heritage is still active, but has England manages the heritage until today none of the
    Rechtmäsigen azurückgegeben.So like India the country Sardhana

  20. Quite an interesting story to read. Nobody knows for sure his real name, his place of birth, why he came to India or the reasons for his secrecy. Since I live in Delhi one day I will visit Sardhana, just for the sake of the mystery surrounding this person

    Einer der berühmsteten Freischärler aus Europa, die in Indien eine Karriere machten. Wenn Rheinhard Samru eine interessante Persönlichkeit war, war seine Frau doch noch interessanter.Daß sie als Frau in 18. Jahrhundert in NordßIndien eine Söldnertruppe geführt hat ist nicht zu fassen. Sardhana ist nicht weit von Delhi, wo ich wohne. Ich will mal diese Ort einmal besuchen

  21. C’est étonnant de trouver ce recit, car j’avais un oncle le Dr. Kurt Reinhard qui avait passé un bon moment sur le sujet et une éventuelle parenté (jamais prouvée) mais qui a néanmoins écrit un petit livre sur ce Walter Reinhard et qui n’a jamais fait plus de lecteurs que notre famille,je crois. Mais il avait passé beaucoup de temps en recherches et visites en Inde. Le livre d’Irene Frain raconte d’ailleurs très bien son histoire.

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